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Vol AF 447 : les questions en suspens
    Au lendemain de la disparition d'un Airbus A 330 d'Air France dans l'océan Atlantique, une enquête complexe a débuté pour tenter d'établir le scénario du crash. «Aucune hypothèse n'est pour l'heure privilégiée», a déclaré mardi le premier ministre à l'Assemblée nationale, avant de préciser : «Notre seule certitude, c'est qu'il n'y a pas eu d'appel de détresse envoyé par l'avion, mais des alertes automatiques régulières pendant trois minutes indiquant la mise hors service de tous les systèmes.» À ce stade, la majorité des experts soulignent qu'un enchaînement d'événements est sans doute à l'origine de la catastrophe. «Seule l'étude des débris permettra de préciser si l'avion a explosé en vol ou au contact de l'eau», indique l'expert
judiciaire François Grangier. Revue des principaux scénarios envisagés.

• Une brusque dépressurisation. Une telle alerte «peut aussi bien correspondre à un défaut du système de pressurisation qu'au brusque percement de la carlingue par une bombe, des grêlons ou l'explosion accidentelle d'un moteur», indique François Grangier. Quoi qu'il en soit, le Syndicat national des pilotes de ligne rappelle que le personnel d'Air France est entraîné à gérer ce type d'incident, le plus souvent sans encombre, par une descente en urgence. Commandant de bord, Jean Serrat ajoute cependant : «En cas de dépressurisation brusque, l'équipage et les passagers peuvent subir un choc énorme susceptible de leur faire perdre conscience.» Sans précédent, un tel incident contribuerait à expliquer que l'équipage de l'Airbus n'ait pas signalé ses difficultés sur les ondes radio. Toutefois, ce silence peut aussi signifier que l'équipage, confronté à un événement grave et brutal, s'est donné pour priorité de stabiliser l'avion.

• Le foudroiement du vol AF 447. Partant du constat que l'avion est entré dans une zone orageuse peu avant de disparaître, le directeur de la communication d'Air France a déclaré dès dimanche : «Le plus vraisemblable est que l'avion a été foudroyé.» Plausible, l'incident pourrait avoir endommagé une partie des instruments électriques de bord - radar, horizon artificiel, altimètre -, privant l'équipage de moyens de se repérer. Une situation tout particulièrement délicate, s'agissant d'un vol de nuit, au-dessus de l'océan. Hier, la majorité des experts interrogés excluaient cependant qu'un tel phénomène puisse, à lui seul, expliquer le crash. «Les appareils modernes sont munis de multiples systèmes de secours et de redondances permettant de pallier une éventuelle panne électrique», explique Ronan Hubert, historien en accidentologie aérienne. Par ailleurs, la destruction pure et simple de l'avion par la foudre paraît impossible, car la structure métallique d'un A 330 permet d'absorber, puis d'évacuer, son énergie électrique.

• Une défaillance matérielle ou humaine. Appareil de conception récente et décrit comme «très fiable», l'Airbus A 330 qui a disparu dimanche avait été mis en service le 18 avril 2005. Affichant 18 870 heures de vol, il venait en outre de passer une visite d'entretien le 16 avril 2009. «Pour autant, une soudaine défaillance mécanique ou un vice de conception jusqu'à présent passé inaperçu ne peut être totalement exclu», indique François Grangier. De même, les experts rappellent que 70 % des catastrophes aériennes sont dues à une erreur humaine - principalement au non-respect des procédures. Dans les prochaines semaines, les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens se pencheront donc aussi bien sur l'histoire récente de l'aéronef que sur celle de l'équipage. «Mais si les boîtes noires ne sont pas retrouvées, il est malheureusement possible que ce drame conserve sa part de mystère», prévient un pilote.

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